Présentation

Voici en quelques lignes ce qu'est (et ce que n'est pas) l'Observatoire de la Sûreté

Qu'est-ce que l'Observatoire de la Sûreté ?

L’Observatoire de la Sûreté est une association à but non-lucratif (loi 1901) en cours de constitution qui rassemble chercheurs, universitaires, juristes et professionnels de terrain pour développer une analyse rigoureuse, pluraliste et fondée sur les faits des questions de police, de délinquance, de justice et de libertés.


Pourquoi existe-t-il ?

Les questions de sécurité, de police, de délinquance et de libertés occupent une place majeure dans le débat public. Pourtant, celui-ci est souvent marqué par l'immédiateté, les représentations, les généralisations et les oppositions de principe.

L’Observatoire entend contribuer à un débat différent : observer, documenter, analyser, confronter les points de vue et évaluer les réponses apportées aux problèmes de sûreté.


Que fait-il concrètement ?

La Charte de l'Observatoire de la Sûreté précise cinq axes principaux :

Observer
Les phénomènes de délinquance, de criminalité, de déviance et leurs causes, en prenant en compte leur dimension sociale et environnementale.

Analyser
Les politiques pénales, les politiques de sécurité, le fonctionnement des institutions de sécurité et les pratiques professionnelles. 

Évaluer
Par des études d’impact permettant d’apprécier l’utilité réelle et l’efficacité des solutions proposées ou mises en œuvre par les pouvoirs publics.

Confronter
Organiser des débats, rencontres et confrontations d’idées entre chercheurs, professionnels et citoyens concernés. 

Diffuser
Produire et diffuser des études, analyses, articles, vidéos, formations et autres ressources destinées à éclairer le débat public.


Quelle est la spécificité de l'Observatoire de la Sûreté par rapport à un think tank, une association militante ou un laboratoire universitaire ?

L'Observatoire veut associer exigence scientifique et expérience de terrain et faire dialoguer différents champs d'expertise en mettant en avant quatre grands principes : 

Rigueur scientifique
Des travaux fondés sur les recherches disponibles, les données et les observations.

Pluralité des regards
La confrontation des approches universitaires, juridiques, institutionnelles et professionnelles.

Ancrage dans le réel
La prise en compte de l'expérience et des pratiques des professionnels de terrain.

Utilité publique
Transformer les connaissances produites en ressources permettant d'éclairer les décisions et l'action publique. 

L'ambition de l'Observatoire de la Sûreté est de produire de la connaissance, mais une connaissance qui puisse être utile pour faire progresser le traitement des questions de sûreté et sécurité.


Quels sont les sujets étudiés ?

  • Police et institutions de sécurité
  • Délinquance et criminalité
  • Justice et politiques pénales
  • Libertés publiques et droits fondamentaux
  • Relations police-population
  • Politiques publiques de sécurité
  • Prévention et réponses à la délinquance
  • Évaluation des dispositifs de sécurité
  • Représentations et discours sur l'insécurité


Pourquoi consulter l'Observatoire de la Sûreté ?

Que l'on soit étudiant, journaliste, juriste, agent des forces de sécurité, ou citoyen :

Pour disposer d'analyses documentées sur les enjeux de sûreté. 

Pour confronter les données aux discours et aux représentations.

Pour comprendre les phénomènes de délinquance et les réponses qui leur sont apportées.

Pour évaluer les politiques et dispositifs mis en œuvre.

Pour croiser les regards des chercheurs et des professionnels de terrain.

Pour contribuer à un débat public mieux informé.


Qui peut y contribuer ?

L’Observatoire rassemble des personnes issues de la recherche, du droit, des institutions, des forces de sécurité, de la justice, du travail social, du journalisme, du monde associatif et de la société civile. La diversité des expériences et des expertises constitue une condition essentielle de la qualité de ses travaux.


L'Observatoire de la Sûreté propose un engagement en faveur d'une sûreté compatible avec l'État de droit, les libertés publiques et les valeurs républicaines.

Vous souhaitez contribuer ?

Adhérer à l'association  • Rejoindre l'Observatoire • Proposer une étudeParticiper à un groupe de travail • Organiser une rencontre • Devenir partenaire


LIRE LA CHARTE COMPLÈTE DE L'OBSERVATOIRE CI-DESSOUS

L'OBSERVATOIRE de la sûreté

La charte complète

La création d’un Observatoire de la sûreté trouve son origine dans la conviction que le débat public sur les questions de police, de délinquance et de libertés souffre de la faiblesse des analyses, et plus encore du défaut d’analyses à partir d’observations empiriques.

L’importance des enjeux politiques et sociaux associés à la question de “l’insécurité” incite à plus de rigueur, moins de généralisation à partir de faits divers, et à développer des diagnostics et des propositions appuyés sur une approche transversale aux professionnels et citoyens engagés concernés. Les membres fondateurs partagent l’idée que des approches nouvelles, ou simplement importantes mais oubliées, sont possibles et même souhaitables. Cela doit déboucher sur des propositions d’action concrètes et appuyées sur des preuves. 

Il paraît indispensable de prendre le temps de faire des diagnostics à la fois des problèmes, mais aussi du caractère vérifiable de l’efficacité des solutions qui sont proposées. L’association veut élaborer, puis verser au débat public, audits et solutions efficaces, mais aussi respectueuses des droits. C’est pourquoi elle choisit de placer son action sous le terme de “sûreté”. Parce que nous considérons que c’est elle, avant tout, qui est en jeu aujourd’hui, et que c’est vers elle que nous devons porter le regard, sur la manière dont le pouvoir s’assure de la force publique pour ses propres intérêts, et non « pour l’avantage de tous », comme le dit la DDHC, et sur ce « droit inaliénable et imprescriptible de l’homme » comme l’affirme l’article 2 de cette même DDHC.

La question de la « sécurité » ne doit pas empêcher de parler de ses causes, des inégalités sociales et des dérives antirépublicaines d’une partie de la police. L’OS s’interroge sur le risque de détournement de l’idée de sécurité au profit d’une minorité et veut questionner les politiques pénales, le fonctionnement de la police. L’OS se donne aussi pour priorité de comprendre les logiques qui ont conduit la police à devenir si proche de l’extrême-droite. Qui a vocation à nous rejoindre ? D’emblée toute personne soucieuse de promouvoir des travaux, grands ou petits, sur les problèmes liés à la délinquance et la criminalité, et de défendre une approche républicaine de la police. 

Nos objectifs sont de :

  • promouvoir la compréhension des phénomènes sociaux, en particulier des causes des délinquances et partager les résultats des travaux de sociologie de la délinquance ou de la déviance, qui soulignent la multiplicité des causes et les effets de l’environnement socio-économique,
  • promouvoir la compréhension des réponses pénales, interroger la criminalisation des personnes les plus vulnérables plutôt que des puissants,
  • développer les études d’impact s’agissant des “solutions” proposées et mises en œuvre pour en apprécier l’utilité réelle,
  • s’attaquer au prêt à penser sur la police et les délinquances, à l’instar des études critiques de sécurité qui, elles, travaillent à la déconstruction des discours en fonction du vocabulaire employé, mais également sur les luttes entre forces de sécurité pour imposer leur agenda face à d’autres, et sur les positions d’autorité de ceux qui les tiennent ainsi que les intérêts qu’ils défendent.

Notre action consiste à favoriser la réflexion dans l’espace public pour renouveler l’action publique. C’est pourquoi nous avons l’ambition de réaliser des débats et confrontations d’idées, mais aussi des réalités vécues par la production et la diffusion d’écrits et de vidéos, la réalisation de rencontres, la mise sur pied d’événements et de formations.

Ainsi, notre association est ouverte d’une part aux étudiants ou universitaires qui travaillent sur ces sujets, mais bien évidemment aussi aux praticiens qui, par leur expérience, leur réflexion et leur discernement, pourront apporter les éclairages nécessaires sur les cultures et pratiques professionnelles concernées. Actuels ou anciens enseignants, travailleurs sociaux, policiers, gendarmes, magistrats, avocats, syndicalistes, hauts-fonctionnaires, journalistes, militants des droits de l’homme, etc. seront, pour peu qu’ils partagent le projet d’échanges constructifs, les bienvenus pour participer à nos travaux. Dans l’esprit des moments de l’histoire où des résistants de sensibilités différentes ont su s’associer pour faire face aux menaces qui pèsent sur les libertés, l’OS accueille en son sein toutes les nuances d’opinion qui sauront partager cette ambition.

Nous avons donc vocation à répondre au découragement de certains universitaires face au raz de marée des doctrines sécuritaires, qui veulent en faire un principe absolu, au nom de l’ordre, de la souveraineté, ou du marché. Celles-ci ont submergé le débat public dans les médias (au-delà même des seules chaînes d’information continue dont c’est le fond de commerce), en touchant le monde politique, et même une partie de l’université, par leur capacité à la surenchère vers toujours plus de sécurité maximale, comme si cette dernière pouvait exister et réduire les insécurités à zéro. Les rares spécialistes capables de déconstruire ce tissu d’approximations et de poncifs ont, jusqu’à maintenant, du mal devant l’immensité de la tâche à revenir aux fondamentaux et mènent leurs travaux à bas bruit, laissant le champ libre aux mensonges sécuritaires qui se propagent sans réelle contradiction, et alimentent la montée en puissance de l’extrême-droite.

Établi sous forme d’association à but non-lucratif loi 1901, doté d’un bureau restreint qui en assurera la cohésion et l’organisation, l’OS consistera en une structure souple et horizontale autour de sa douzaine de membres fondateurs, autonomes sur leurs champs respectifs d’expertise, et qui seront à même, une fois les travaux validés en interne, d’en communiquer publiquement les enseignements au nom de l’Observatoire.


Concernant notre positionnement, nous nous efforcerons de tenir ensemble deux engagements qui peuvent paraître contradictoires. D'une part, le respect scrupuleux des règles académiques et des résultats des recherches ad hoc afin de rendre nos propos incontestables, et d’autre part, un parti-pris militant, rendu nécessaire par l’époque, au profit des valeurs républicaines. A la différence des think tanks proposant une version absolutiste de la sécurité, et qui affichent sans complexe ce type de grand écart, notre plus-value consistera à asseoir nos prises de position sur des données consolidées et des comparatifs européens et internationaux.

A moins d'un an de l’élection présidentielle, nous nous fixons enfin comme objectif principal de priver l’extrême-droite, et, plus généralement, les acteurs politiques ayant adopté son discours ces dernières années, de l’argument de « l’insécurité généralisée » pour parvenir et se maintenir au pouvoir. Nous formons le vœu de mettre à disposition des différentes structures antifascistes et républicaines (partis politiques, collectivités locales, commissions parlementaires, syndicats, médias, associations, etc.), à leur demande ou sur initiative, les données académiques nécessaires à la réfutation des slogans simplistes et biaisés de l’idéologie sécuritaire, et à l’amélioration nécessaire des rapports police - population.

Grâce à nos propres travaux et à la mobilisation de nos partenaires, nous ambitionnons de devenir un réservoir d’idées et de travaux pour tous ceux qui décideront demain d’affronter, sur le terrain de la sécurité, les ennemis de la République.

Signé : Les membres fondateurs de l'Observatoire de la Sûreté

NOTE D'INTENTION

L'Observatoire de la Sûreté publiera bientôt une note d'intention dans laquelle elle présentera son projet afin de peser dans le débat public

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