L'OBSERVATOIRE de la sûreté

Présentation

Créé pour dépasser les discours sécuritaires simplistes, l'Observatoire de la Sûreté rassemble universitaires, juristes et acteurs du terrain. Notre mission : promouvoir une analyse approfondie, fondée et pluraliste des enjeux sécuritaires au service d’un débat démocratique éclairé.


La charte de l’Observatoire de la sûreté

La création d’un Observatoire de la sûreté trouve son origine dans la conviction que le débat public sur les questions de police, de délinquance et de libertés souffre de la faiblesse des analyses, et plus encore du défaut d’analyses à partir d’observations empiriques. L’importance des enjeux politiques et sociaux associés à la question de “l’insécurité” incite à plus de rigueur, moins de généralisation à partir de faits divers, et à développer des diagnostics et des propositions appuyés sur une approche transversale aux professionnels et citoyens engagés concernés.Les membres fondateurs partagent l’idée que des approches nouvelles, ou simplement importantes mais oubliées, sont possibles et même souhaitables. Cela doit déboucher sur des propositions d’action concrètes et appuyées sur des preuves. Il paraît indispensable de prendre le temps de faire des diagnostics à la fois des problèmes, mais aussi du caractère vérifiable de l’efficacité des solutions qui sont proposées.L’association veut élaborer, puis verser au débat public, audits et solutions efficaces, mais aussi respectueuses des droits. C’est pourquoi elle choisit de placer son action sous le terme de “sûreté”. Parce que nous considérons que c’est elle, avant tout, qui est en jeu aujourd’hui, et que c’est vers elle que nous devons porter le regard ; sur la manière dont le pouvoir s’assure de la force publique pour ses propres intérêts, et non « pour l’avantage de tous », comme le dit la DDHC, et sur ce « droit inaliénable et imprescriptible de l’homme » comme l’affirme l’article 2 de cette même DDHC.La question de la « sécurité » ne doit pas empêcher de parler de ses causes, des inégalités sociales et des dérives antirépublicaines d’une partie de la police. L’OS s’interroge sur le risque de détournement de l’idée de sécurité au profit d’une minorité et veut questionner les politiques pénales, le fonctionnement de la police. L’OS se donne aussi pour priorité de comprendre les logiques qui ont conduit la police à devenir si proche de l’extrême-droite.Qui a vocation à nous rejoindre ? D’emblée toute personne soucieuse de promouvoir des travaux, grands ou petits, sur les problèmes liés à la délinquance et la criminalité, et de défendre une approche républicaine de la police. 

Nos objectifs sont de :

  • promouvoir la compréhension des phénomènes sociaux, en particulier des causes des délinquances et partager les résultats des travaux de sociologie de la délinquance ou de la déviance, qui soulignent la multiplicité des causes et les effets de l’environnement socio-économique,
  • promouvoir la compréhension des réponses pénales, interroger la criminalisation des personnes les plus vulnérables plutôt que des puissants,
  • développer les études d’impact s’agissant des “solutions” proposées et mises en œuvre pour en apprécier l’utilité réelle,
  • s’attaquer au prêt à penser sur la police et les délinquances, à l’instar des études critiques de sécurité qui, elles, travaillent à la déconstruction des discours en fonction du vocabulaire employé, mais également sur les luttes entre forces de sécurité pour imposer leur agenda face à d’autres, et sur les positions d’autorité de ceux qui les tiennent ainsi que les intérêts qu’ils défendent.

Notre action consiste à favoriser la réflexion dans l’espace public pour renouveler l’action publique. C’est pourquoi nous avons l’ambition de réaliser des débats et confrontations d’idées, mais aussi des réalités vécues par la production et la diffusion d’écrits et de vidéos, la réalisation de rencontres, la mise sur pied d’événements et de formations.Ainsi, notre association est ouverte d’une part aux étudiants ou universitaires qui travaillent sur ces sujets, mais bien évidemment aussi aux praticiens qui, par leur expérience, leur réflexion et leur discernement, pourront apporter les éclairages nécessaires sur les cultures et pratiques professionnelles concernées.Actuels ou anciens enseignants, travailleurs sociaux, policiers, gendarmes, magistrats, avocats, syndicalistes, hauts-fonctionnaires, journalistes, militants des droits de l’homme, etc. seront, pour peu qu’ils partagent le projet d’échanges constructifs, les bienvenus pour participer à nos travaux. Dans l’esprit des moments de l’histoire où des résistants de sensibilités différentes ont su s’associer pour faire face aux menaces qui pèsent sur les libertés, l’OS accueille en son sein toutes les nuances d’opinion qui sauront partager cette ambition.Nous avons donc vocation à répondre au découragement de certains universitaires face au raz de marée des doctrines sécuritaires, qui veulent en faire un principe absolu, au nom de l’ordre, de la souveraineté, ou du marché. Celles-ci ont submergé le débat public dans les médias (au-delà même des seules chaînes d’information continue dont c’est le fond de commerce), en touchant le monde politique, et même une partie de l’université, par leur capacité à la surenchère vers toujours plus de sécurité maximale, comme si cette dernière pouvait exister et réduire les insécurités à zéro. Les rares spécialistes capables de déconstruire ce tissu d’approximations et de poncifs ont, jusqu’à maintenant, du mal devant l’immensité de la tâche à revenir aux fondamentaux et mènent leurs travaux à bas bruit, laissant le champ libre aux mensonges sécuritaires qui se propagent sans réelle contradiction, et alimentent la montée en puissance de l’extrême-droite.Établi sous forme d’association loi 1901, doté d’un bureau restreint qui en assurera la cohésion et l’organisation, l’OS consistera en une structure souple et horizontale autour de sa douzaine de membres fondateurs, autonomes sur leurs champs respectifs d’expertise, et qui seront à même, une fois les travaux validés en interne, d’en communiquer publiquement les enseignements au nom de l’Observatoire.
Concernant notre positionnement, nous nous efforcerons de tenir ensemble deux engagements qui peuvent paraître contradictoires. D'une part, le respect scrupuleux des règles académiques et des résultats des recherches ad hoc afin de rendre nos propos incontestables, et d’autre part, un parti-pris militant, rendu nécessaire par l’époque, au profit des valeurs républicaines. A la différence des think tanks proposant une version absolutiste de la sécurité, et qui affichent sans complexe ce type de grand écart, notre plus-valu consistera à asseoir nos prises de position sur des données consolidées et des comparatifs européens et internationaux.A un an exactement de l’élection présidentielle, nous nous fixons enfin comme objectif principal de priver l’extrême-droite, et, plus généralement, les acteurs politiques ayant adopté son discours ces dernières années, de l’argument de « l’insécurité généralisée » pour parvenir et se maintenir au pouvoir. Nous formons le vœu de mettre à disposition des différentes structures antifascistes et républicaines (partis politiques, collectivités locales, commissions parlementaires, syndicats, médias, associations, etc.), à leur demande ou sur initiative, les données académiques nécessaires à la réfutation des slogans simplistes et biaisés de l’idéologie sécuritaire, et à l’amélioration nécessaire des rapports police - population. Grâce à nos propres travaux et à la mobilisation de nos partenaires, nous ambitionnons de devenir un réservoir d’idées et de travaux pour tous ceux qui décideront demain d’affronter, sur le terrain de la sécurité, les ennemis de la République.

NOTE D'INTENTION

L'Observatoire de la Sûreté a publié une note d'intention dans laquelle elle présente son projet afin de peser dans le débat public

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